Un déficit d’image persistant

Les métiers techniques souffrent toujours d’un net déficit d’image auprès du grand public, alors qu’ils garantissent, bien plus que d’autres, le fait de trouver un emploi rapidement à la sortie de ses études, une certaine sécurité d’emploi, et dans beaucoup de cas des salaires plus que corrects comparativement à la moyenne nationale. Alors pourquoi sont-ils si souvent relégués aux rôles de second choix ? En invitant à son débat des acteurs et des professionnels du secteur, JobsRégions tente de décrypter le phénomène et de comprendre cette particularité belge, qui n’existe pas chez certains de nos voisins limitrophes. Tentatives d’explications. 

La pénurie de profils techniques est un sujet largement répandu et traité par les médias. Et pour cause, de nombreuses entreprises peinent à trouver ces profils, alors même que le taux de chômage, particulièrement chez les jeunes reste élevé et préoccupant. M. Mélon, DRH Belgique à la FN Herstal nous présente une première «anomalie»: 


Chômage élevé mais haut taux d’emplois vacants 
«La Belgique est un pays qui a un taux de chômage conséquent, mais aussi un taux d’emploi non pourvu extrêmement élevé. L’Allemagne a aussi un très haut taux de postes vacants, mais avec un taux de chômage bien moindre, ce qui montre sa vitalité économique. Or en Allemagne, la formation technique, dispensée en alternance (formation duale), est considérée comme une filière d’excellence. La Belgique relègue, elle, ce type de formation au second plan, ce qui est un tort. Trop de jeunes sortent de leurs études en ayant pas le niveau de qualification requis par les entreprises. Le rôle du Forem est de pallier à cela mais il faut également agir en amont.» Le problème semble se situer au niveau de l’adéquation entre l’offre et la demande, tant quantitativement que qualitativement.


Des métiers d’avenir étrangement délaissés
«Les métiers techniques sont pourtant des métiers d’avenir, car ils représentent des fonctions clés pour les entreprises. Et avec l’automatisation croissante, ils seront de plus en plus indispensables.» ajoute Françoise Bayart, HR Director chez Lutosa. Monsieur Bossart, Manager développement externe et partenariats externes chez ORES, renchérit: «Il est vrai que ces métiers souffrent toujours d’un déficit d’image, il subsiste un frein culturel énorme: ils devraient être envisagés comme une filière d’excellence, et non de relégation. Mais je veux aussi souligner que plein d’initiatives ont été prises, et que le discours politique visant à encourager les filières techniques et l’alternance est très fort. Nous n’en avons jamais autant parlé.» 


Ce déficit d’image est d’autant moins compréhensible qu’il existe une forte tradition industrielle en Belgique et plus particulièrement en Wallonie. 

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