Notre débat sectoriel: les métiers techniques

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Pénurie de techniciens en tablier blanc

JobsRégions a réuni quatre témoins privilégiés de la révolution industrielle 4.0
 
Les métiers techniques ont fortement évolué ces dernières années. La révolution numérique, la vitesse vertigineuse des progrès techniques et l’hybridation technologique sont passées par là. 
 
C’est un état de fait. Les profils techniques sont toujours aussi recherchés sur le marché de l’emploi malgré l’incidence toujours pesante de la crise économique. A cela plusieurs explications : premièrement, les métiers techniques ne bénéficient toujours pas à l’heure actuelle d’une image très positive, malgré les efforts récents du monde politique, relayés par les médias, visant à les valoriser. Pour une partie de la population, ils semblent toujours constituer un second choix, derrière des filières dites plus « intellectuelles ». Ils ne sont dès lors pas toujours appréciés à leur juste valeur au moment de faire des choix quant à sa future orientation professionnelle. 
 
UNE PROFONDE MUTATION 
 
En second lieu, les métiers techniques ont connu une profonde mutation depuis les années 2000 tant ils font aujourd’hui appel à des compétences et savoirs variés. L’exemple le plus caricatural cité par les professionnels du secteur étant celui du mécanicien automobile, qui doit aujourd’hui outre ses compétences purement mécaniques, posséder de solides bases informatiques pour « communiquer » avec l’électronique du véhicule. 
 
Les métiers techniques d’aujourd’hui nécessitent donc un mélange paradoxal d’hyperspécialisation dans un domaine, et une connaissance générale de tous les domaines connexes. Il faut tout à la fois être spécialiste, polyvalent et pluridisciplinaire ! 
 
Eric Bossart, du département Stratégie opérationnelle de chez ORES nous donne un exemple de cette évolution: «La transition numérique que nous connaissons aujourd’hui signifie que beaucoup d’objets sont destinés à devenir Smart : les outils multimédias et les voitures qui le sont déjà, mais aussi les maisons, les objets du quotidien et même les usines qui les produisent, les smart factories. On peut d’ailleurs parler de révolution industrielle 4.0 ou de 4ème révolution industrielle, dont un des objets symbolique est l’imprimante 3D.» 
 
L’évolution fulgurante de ces métiers implique évidemment que les formations qui y préparent suivent le même rythme, ce qui représente un véritable défi, que nous explique Thomas Delwiche, Directeur de Bruxelles Formation industrie: «Bruxelles Formation est fortement impacté par la rapidité de l’évolution technologique. Les entreprises font réellement face à une pénurie de main d’oeuvre très qualifiée. Un fossé de plus en plus grand se creuse entre les attentes des employeurs et les compétences des travailleurs. Nous devons veiller à le combler. Tant d’un point de vue technique que financier, les partenariats public / privé sont à ce titre absolument indispensables.» 
 
Les entreprises ne trouvant pas les profils aux compétences techniques précises qu’elles recherchent, ont tendance à compenser cette lacune en augmentant le niveau du diplôme requis. Elles recrutent donc du personnel sur-qualifié par rapport à la fonction occupée, qui a dès lors tendance à partir rapidement. Ce problème pourrait partiellement se régler par une meilleure communication en amont entre les entreprises et le monde de la formation, comme nous l’explique Caroline De Vos, responsable GRH à la Société Bruxelloise de Gestion des eaux (SBGE): «Les besoins des entreprises sont spécifiques et complexes et par là même, difficiles à cerner pour les centres de formation, d’où la nécessité d’une collaboration plus étroite entre les entreprises, les formateurs et les apprenants.» 
 
Les métiers techniques semblent donc plein d’opportunités, ouvertes à tout qui saura les saisir en se montrant proactif et attentif à leur évolution. 
 
Youri Demianoff 
 
NOS INVITÉS
 
Alain STAS:  DIRECTEUR DES RELATIONS ENTREPRISES ET DE LA VEILLE TECHNO. 
> Société : TECHNOCAMPUS 
> Secteur d’activité : Formation qualifiante 
> Nombre de centres : 6+1 (Administratif) 
> Personnel : 60 
 
Eric BOSSART:  MANAGER RH - STRATÉGIE OPÉRATIONNELLE 
> Société : ORES 
> Secteur d’activité : Gestionnaire des réseaux de distribution d’électricité et de gaz naturel 
> Personnel : 2300 
 
Caroline DE VOS:  RESPONSABLE RH 
> Société : Société Bruxelloise de Gestion des Eaux (SBGE) 
> Secteur d’activité : Assainissement public des eaux résiduaires urbaine 
> Personnel : 40 
 
Thomas DELWICHE:  DIRECTEUR MÉTIERS INDUSTRIELS 
> Société : Bruxelles Formation Industrie
> Secteur d’activité : Formation qualifiante 
> Nombre de centres : 1 administration centrale et 9 pôles de formation. 
> Personnel : Bruxelles Formation et ses pôles comptent 450 personnes    

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