Le débat du secteur public: «Collaborez à nos projets innovants»

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Au lieu de critiquer le secteur public, les intervenants invitent à venir les aider dans leurs missions 
Souvent décrié et critiqué, le secteur public a pourtant plus d’un atout dans son sac pour quelqu’un qui cherche un job et offre, bien souvent, des opportunités de carrières parfois étonnantes. 
 
Une entreprise de transport public engage des chauffeurs ou des conducteurs mais pas que. Idem si on regarde le Service Public fédéral Finances. Si on y parle de finances, il occupe toute une série d’autres fonctions. «Oui, il y a évidemment les impôts et certaines personnes ne pensent pas à postuler chez nous alors que nous avons des géomètres, des gestionnaires de projets, des business analists, des dataminers, des cuisiniers, du personnel IT ou encore des imprimeurs», explique Kurt Van Raemdonck, directeur RH du SPF Finances. «Du coup, pour nous, c’est parfois difficile de remplir tous nos besoins en personnel, notamment pour ce qui touche à l’informatique», ajoute-t-il. 
 
Même son de cloche dans le transport public. «Sur les 8.000 postes qu’on a, la moitié concerne la conduite de véhicules et l’autre moitié fait en sorte que ça fonctionne : entretien, infrastructures… On a, par exemple, des métiers techniques et de la construction comme des responsables de chantier mais on a du mal à les recruter. Les gens ne prennent généralement pas le temps de s’informer sur ce qu’on peut leur proposer», précise Johan Claes, employer branding & sourcing manager à la STIB, la société bruxelloise de transport public. 
 
Le problème est récurrent et se retrouve présent au sein de nombreuses entreprises publiques. À l’Agence de lutte contre le dopage, par exemple, Anne Daloze, qui a mis le département sur pied, a du mal à recruter des médecins pour faire passer ces contrôles anti-dopage justement. Elle-même médecin, elle comprend ce qui bloque. «Ils ne sont pas intéressés, notamment à cause des horaires», confie-t-elle. Dans ce secteur, les médecins sont en effet payés à l’acte. Si certains médecins acceptent de faire ce job en plus du leur, il n’est pas aisé de trouver des volontaires. Idem pour ceux qu’on appelle les « chaperons», c’est-à-dire ces personnes qui accompagnent le sportif qui est contrôlé dès le moment où il est notifié au contrôle. Il faut savoir que ce job est… bénévole (mais défrayé) et que, par conséquent, il attire plus souvent des personnes pensionnées qui ont du temps à consacrer aux autres. La lutte contre le dopage a également du mal à recruter des femmes car les contrôles ne sont pas toujours compatibles avec la vie de famille (en soirée ou le week-end). 
 
Même constat aux Douanes et Accises, une des administrations du SPF Finances, par exemple, où le travail dans des lieux parfois difficiles d’accès (comme un port) se combine avec des horaires irréguliers (équipes en shifts 24 heures sur 24). 
 
Du coup, ces secteurs n’ont pas toujours la cote auprès du grand public qui leur attribue également parfois une image négative. «J’ai envie de dire aux gens « Au lieu de nous critiquer, venez nous aider à faire mieux» », lance Johan Claes de la STIB. D’autant que les engagements seront très nombreux en 2016…
 
UNE BELLE ANNÉE EN PERSPECTIVE 
Plusieurs milliers de recrutements prévus en 2016 
 
Comme 2015, l’année 2016 s’annonce plutôt belle sur le plan du recrutement dans le service public. Le SPF Finances, par exemple, a connu une année 2015 exceptionnelle avec, environ 1.400 engagements. Cette année, il s’apprête à recruter environ 600 à 700 personnes. L’Agence de lutte contre le dopage (une centaine d’emplois) cherche 40 personnes supplémentaires dont 7 médecins. 
 
À la STIB, chaque année, 800 nouveaux viennent grossir les rangs du personnel. « Une des raisons est les départs à la pension de la « génération métro », c’est-à-dire de gens engagés dans les années ‘70, mais également les nouveaux projets pour cette année et les années à venir », annonce Johan Claes, employer branding & sourcing manager au transport public bruxellois. 
 
Le Service public régional de Bruxelles va sélectionner en 2016 plus de 350 nouveaux collaborateurs, de tous niveaux de fonctions : ingénieurs, fiscalistes, architectes, juristes, chargés de communication, secrétaires, contrôleurs de travaux, inspecteurs sociaux, gestionnaires de dossiers, agents d’accueil, etc. Pour certains, il s’agit de reprendre la fonction de collègues partis en retraite, mais par seulement : « De nouvelles missions sont confiées à Bruxelles, notamment dans le cadre des transferts de compétences liées à la 6e Réforme de l’État, autant de beaux défis à relever », précise Gisèle Dedobbeleer, Responsable du Capital humain. 
 
Du côté des TEC, Emmanuelle Peeters, responsable du département RH et talent, confirme que, chaque année, l’entreprise, qui compte 5 filiales régionales et occupe 5.500 personnes, engage environ 200 personnes. Les Chemins de fer eux, recherchent des passionnés. « Ce sont des métiers passion », note Mireille Protin, des Chemins de fer. « On a engagé environ 1.500 personnes l’an passé. C’est lié à la pyramide des âges : 50 % des effectifs partent à la retraite d’ici 2025 », constate-t-elle, ajoutant que c’est généralement plus facile d’engager au Sud qu’au Nord du pays car au Nord, le marché de l’Emploi est plus favorable, ce qui a pour conséquence que quelqu’un qui cherche un job en Flandre le trouvera plus facilement. 
 
EN LIEN AVEC LE SCOLAIRE 
« Trésors d’inventivité pour attirer les jeunes » 
 
Attirer de nouveaux collaborateurs n’est pas toujours chose aisée, on l’a vu. Du coup, les entreprises du secteur public (mais aussi privé) n’hésitent pas à travailler main dans la main avec les établissements scolaires pour tenter de dénicher leurs talents de demain. «On doit développer des trésors d’inventivité », confirme Mireille Protin, recruitment manager pour les Chemins de fer. «On a mis en place le concours Bert destiné aux jeunes techniciens, en fin d’études. On leur demande de plancher sur un projet qui pourrait être utile aux chemins de fer comme la lutte contre le vol de câbles ou la détection de camions trop hauts par rapport aux caténaires », ajoute-t-elle, précisant que plusieurs candidats ayant participé au concours postulent ensuite aux chemins de fer «pour continuer la réflexion ». 
 
STAGIAIRE SATISFAIT 
 
Le SPF Finances a, pour sa part, envisagé un partenariat avec des étudiants en 7e année, section sécurité. «La douane est un secteur souvent oublié dans le cursus scolaire. On a donc demandé à pouvoir fournir des cours mais ça prend du temps pour se mettre en place. C’est un projet sur du long terme », ajoute Kurt Van Raemdonck du SPF Finances. 
 
Une option pour recruter, c’est aussi de prendre des stagiaires. «Un stagiaire séduit par la structure et la philosophie de l’organisation va en parler autour de lui », explique Gisèle Dedobbeleer, Responsable du Capital humain au Service Public Régional de Bruxelles. L’Agence de lutte contre le dopage, par exemple, fait chaque année appel à des stagiaires en sciences de l’éducation ou en communication. Le SPF Finances offre quant à lui environ 200 stages par année scolaire, essentiellement pour des étudiants en 3ème bac ou en 2ème master 
 
LES INVITÉS 
 
Mireille Pirotin RECRUITEMENT MANAGER 
> Société : Les Chemins de fer belges (HR Rail) 
> Secteur d’activité : Transport public 
> Personnel : 33.600 
 
Kurt Van Raemdonck DIRECTEUR RH 
> Société : Service public fédéral Finances 
> Secteur d’activité : Secteur public/administration 
> Personnel : +/- 22.000 
 
Johan Claes EMPLOYER BRANDING & SOURCING MANAGER 
> Société : STIB 
> Secteur d’activité : Transport public 
> Personnel : 8.000 
 
Sylvie Frere EMPLOYÉE 
> Société : FWB - Agence de lutte contre le dopage 
> Secteur d’activité : Secteur public 
> Personnel : 8 personnes en interne et 95 sur le terrain 
 
Anne Daloze DIRECTRICE 
> Société : FWB - Agence de lutte contre le dopage 
> Secteur d’activité : Secteur public 
> Personnel : 8 personnes en interne et 95 sur le terrain 
 
Emmanuelle Peeters RESPONSABLE DU DÉPARTEMENT RH&TALENT 
> Société : Groupe TEC 
> Secteur d’activité : Transport public 
> Personnel : +/- 5.000 
 
Anne Coekelberghs CONSEILLER RH 
> Société : Service public fédéral Finances 
> Secteur d’activité : Secteur public/finances 
> Personnel : +/- 22.000 
 
Gisèle Dedobbeleer RESPONSABLE CAPITAL HUMAIN 
> Société : Service public régional Bruxelles 
> Secteur d’activité : Secteur public 
> Personnel : 1.800

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