Le bonheur crée la performance!

EASI

M. Curaba est un homme heureux, et son bonheur transparaît dans l’enthousiasme qu’il dégage quand il parle de sa société, EASI. « Le succès est une conséquence du bonheur, pas une finalité en soi. »  Cette maxime ne saurait résumer à elle seule la philosophie entrepreneuriale de ce chef d’entreprise au parcours atypique, mais elle est représentative des principes qui la gouvernent. 

 

Du Football en D1 à l'IT

À 52 ans seulement, Salvatore Curaba semble avoir déjà mené plusieurs vies. Derrière l’incontestable réussite d’EASI, l’entreprise qu’il a créé il y a 17 ans, se cache un quinquagénaire au profil atypique et aux multiples facettes. Gradué en informatique, footballeur en D1 à Charleroi, il renonce pourtant au contrat pro qu’on lui propose et aux sirènes de la gloire qui l’accompagnent. Pourquoi ? Pour poursuivre sa carrière dans l’informatique. Il continue néanmoins à jouer au football pour le plaisir, et, parallèlement à son emploi de commercial en informatique, entame des études d’entraîneur, qu’il réussit. Il sent néanmoins que ce n’est pas dans cette voie qu’il trouvera le bonheur. Il gravit donc un à un les échelons jusqu’à devenir à 30 ans, sales manager. À 35, on lui propose un poste de direction, avec une centaine de personnes sous sa responsabilité, qu’il refuse: «J’ai ressenti le besoin de plus de liberté et d’autonomie. De plus, je voulais devenir actionnaire, ce qui m’a été refusé.»

150 employés en 17 ans

L’homme est un entrepreneur dans l’âme, et se sent incompris, pas complètement suivi, ou du moins freiné dans les principes managériaux qu’il entend appliquer. Il reste donc dans le domaine qui le passionne, et crée avec un partenaire en 1999, la société EASI, spécialisée dans les solutions IT pour entreprises. Après seulement 17 années d’existence, la société réalise à l’heure actuelle un C.A. de 21 millions d’euros, emploie 150 personnes dans 5 bureaux, et a reçu une kyrielle de prix (Finaliste entreprise de l’année 2015, organisé par Ernst & Young, Meilleur employeur de Belgique 2015 et 2016, Vlerick Business School,- Best Workplaces 2015, 2016, Great Place To Work - , 8 fois «Trends Gazelles», entreprises à croissance rapide). 

 

Les 5 facteurs de réussite

Quelles sont alors les clés de cette fulgurante réussite ? M. Curaba estime que celle-ci tient au fait de travailler avec bon sens, et détaille ce dernier au travers de 5 piliers fondamentaux: 

1) Les valeurs: elles doivent être clairement définies et partagées. «Les plus importantes sont pour moi le respect, le positivisme, le partage et le professionnalisme.» 

2) L’organisation: «rien n’est laissé au hasard. L’organisation est fondamentale. J’apprécie les périmètres structurés, au sein desquels on reçoit de l’autonomie. J’instaure donc énormément de procédures, tout en encourageant mes employés à les remettre en question en permanence.»

3) Une capacité de travail élevée: «il faut mouiller le maillot. Il n’y a pas que le travail dans la vie et il y a des moments pour tout. Mais j’exige de moi-même, comme des autres, une forte implication quand c’est nécessaire.» 

4) Le partage: «j’entends ici le partage du savoir-faire (know-how), des compétences et connaissances, mais aussi des valeurs de l’entreprise, de ses bénéfices et même de sa propriété: les 15 managers de l’entreprise sont tous actionnaires, et n’importe quel employé, quel que soit son niveau de responsabilité, peut le devenir si il est là depuis au moins 2 ans et qu’il obtient une note minimale à son évaluation sur l’application des valeurs. (NDLA: 21 nouveaux employés actionnaires en 2016). Je sais qu’en donnant beaucoup, je reçois beaucoup aussi.»

5) Le bonheur au travail: «la performance ne peut exister sans épanouissement. Il faut aimer ce qu’on fait et en être fier. Il faut néanmoins différencier bonheur et bien-être. Le second est assez facile à mettre en œuvre: nous avons de beaux et lumineux bureaux, des salles de détente et de jeux, et nous organisons beaucoup d’activités ludiques, favorisant l’esprit d’équipe. Le bonheur lui, est beaucoup plus profond et complexe, et donc plus difficile à atteindre.»

 

Le bonheur véritable

M. Curaba le considère comme fondamental et indispensable à la performance, et le définit par rapport à 5 besoins fondamentaux de l’être humain évoluant dans une société: 1) La reconnaissance, 2) la liberté/autonomie, 3) être informé de ce qui se passe dans la société, 4) «L’homme adore les challenges» et le 5e et dernier et peut-être le plus surprenant: l’amour. «je suis authentique et bienveillant. Mes employés le savent. Je ressens un amour paternel, presque tribal, qui me pousse à protéger ma tribu. Je suis exigeant, mais ma porte est toujours ouverte et je les soutiendrais toujours dans l’adversité. C’est ma nature, et çà fonctionne: avec de l’amour et de la chaleur humaine, on obtient beaucoup de chaque personne.»

Méritocratie

Vous l’aurez compris, il possède une vision bien à lui de l’entreprise, teintée d’un mélange de paternalisme et de méritocratie, et d’une volonté farouche d’impliquer au maximum les personnes à la vie de l’entreprise, pour les amener à exercer leur métier avec bonheur, passion et enthousiasme. Sa recette du bonheur en somme. Vous a-t-elle convaincu(e) ?

 

 

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