Gardien d’un paradis aux Seychelles

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 Un travail de rêve
 
L’an dernier, le Hervien François Baguette travaillait au Gabon pour habituer les gorilles de plaine à l’homme, tout en préservant leur cadre de vie. Ce contrat pour l’institut allemand Max Planck arrivé à son terme, François Baguette, titulaire d’un master en biologie décroché à l’ULg, s’est lancé dans un nouveau job passionnant aux Seychelles. Un travail qui devrait se poursuivre deux ans, mêlant tourisme responsable et préservation d’espèces menacées. Cette fois, c’est dans l’île de Silhouette, une des 115 des Seychelles, que ça se passe. Un petit paradis parmi les plus préservés de l’archipel, culminant à 740 mètres, avec le Mont Dauban, pour 25 km2. Ici, le mercure avoisine les 28 degrés toute l’année, y compris lors de la saison des pluies, de septembre à mars.
 
 
Les Seychelles, ce sont des plages d’une beauté à couper le souffle, un bord de mer turquoise, une nature luxuriante et des espèces rares, mais aussi des flots de touristes, vitaux pour l’économie du pays, qu’il faut contrôler pour ne pas rompre un équilibre fragile. D’où l’importance d’une bonne gestion des ressources. C’est dans cette optique que voici six mois que François Baguette a jeté l’ancre sur Silhouette, troisième île granitique des Seychelles en taille. Il y exerce la fonction de Conservation Officer et dirige une équipe de trois Conservation Rangers pour le compte de l’Island Conservation Society (ICS), une ONG seychelloise. Objectif : de la consultance pour une gestion durable de l’île et une étude scientifique de la flore et de la faune.
 
 
Point de vue faune, deux projets sont en cours. D’abord, il s’agit d’assurer le suivi des tortues marines qui viennent pondre sur les plages de l’île, en venant de l’Océan Indien. Le Hervien suit aussi de petites chauves-souris insectivores, les sousouri banann (Coleura seychellensis), en danger critique d’extinction et endémiques aux Seychelles. On en recense environ 25 sur Silhouette et la population totale compte moins de 100 individus répartis uniquement sur Mahé et Silhouette. Mais on en recherche de nouvelles populations avec des détecteurs à ultrasons. Bien plus nombreuses et faciles à repérer sont les roussettes des Seychelles (Pteropus seychellensis) mangeant des fruits et volant dès l’après-midi sous les yeux des touristes. Leur envergure peut atteindre 1,10 mètre et elles pèsent jusqu’à 500 grammes.
 
 
À partir de septembre, le Hervien compte entamer aussi des recensements botaniques et lancer des initiatives pour d’autres espèces menacées, dans le cadre de programmes de recherches internationaux. Ce qui nécessite des expéditions dans la forêt dense et pentue. « C’est moins dangereux et stressant que les gorilles au Gabon », s’amuse François Baguette. « Ici, le travail est plus varié et j’ai plus de responsabilités et de contacts avec les gens. Il faut aussi trouver des compromis avec différents partenaires. » Le travail consiste aussi à limiter l’impact du tourisme. Ainsi, le Belge et son équipe contribuent à former les guides touristiques qui travaillent pour l’hôtel Hilton, qui peut accueillir quelque 250 touristes. Un autre, La belle tortue, dispose d’une trentaine de lits. Un petit village de travailleurs du secteur hôtelier et des leurs, auxquels s’ajoute la petite équipe de François Baguette forment le reste de la population de l’île, moins d’un millier d’âmes, à une vingtaine de kilomètres de Mahé, la plus proche et la plus grande île de l’archipel.
 
Y.B.

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