Entreprise familiale: les cafés Delahaut

delahaut1.jpg


« On a dû se retrousser les manches » 
François Delahaut et son frère ont racheté l’entreprise familiale à une valeur normale 
 
Le cabinet d’audits et de conseils Deloitte a publié un baromètre sur les entreprises familiales. Nous avons confronté les résultats de celui-ci avec une expérience concrète dans la province namuroise : celle de la Maison Delahaut, par l’intermédiaire de François Delahaut. 
 
Que diriez-vous de travailler dans une entreprise familiale ? Être tous les jours aux côtés de votre père, mère, frère, soeur, ou encore oncle, tante et cousin ? L’idée peut séduire… ou effrayer. Mais au-delà des a priori, ce type d’entreprise offre des avantages. D’après Deloitte, l’un des quatre grands cabinets d’audits et de conseils, leur pérennité est l’un d’entre eux. Selon leur baromètre «Nouvelles générations», 54 % des répondants placent celle-ci comme première motivation pour rejoindre l’entreprise familiale. 
 
Pour voir ce qu’il en est chez nous, nous sommes partis à la rencontre de François Delahaut, l’un des deux dirigeants actuels de la société du même nom. Ce qui le séduit, lui, c’est la flexibilité qu’offrent de telles entreprises. 
 
«Aujourd’hui, mon frère et moi avons repris le flambeau. Lui et moi sommes interchangeables. Nous avons les mêmes capacités et le même but : que la tradition se perpétue», confie-t-il. 
 
QUATRIÈME GÉNÉRATION 
 
La passation entre eux et leur père s’est faite tout naturellement. Aujourd’hui, sur la dizaine de personnes travaillant chez Delahaut, seules quatre sont de la famille. «En plus de mon frère et moi, il y a notre maman et mon épouse », précise-t-il. L’entreprise familiale n’a donc aucune objection quant au fait d’intégrer des personnes extérieures. «Cela va de pair avec notre volonté de nous agrandir et de nous ouvrir davantage. Ça fait partie d’un développement normal.» 
 
Cette réalité colle aux résultats du baromètre de Deloitte. Celui-ci affirme en effet que la transmission est régie par la règle de la compétence, plus que par la simple filiation. «Ce n’est pas parce qu’on est de la famille qu’on a eu le poste, complète François Delahaut. Mon frère et moi n’avons pas reçu la société. Nous l’avons rachetée à une valeur normale. On n’est pas né « le cul dans le beurre ». Il a fallu se retrousser les manches et chacun a mis sa patte.» 
 
«Les entreprises familiales s’ouvrent ! Elles ouvrent leur structure financière, leur management, leur conseil d’administration… Elles s’entourent de personnes extérieures à la famille pour prendre les décisions importantes et accompagner les phases clefs de leur histoire telles que la transmission ou la désignation d’un successeur», observe Christophe Saubiez, associé responsable secteur PME & ETI dédié aux entreprises familiales chez Deloitte. 
 
SÉDUIT PAR L’ENTREPRISE 
 
D’après le baromètre, l’identification du successeur se fait en premier lieu sur les compétences à diriger une entreprise dans 41% des cas, et non uniquement la filiation. Pour François Delahaut, son poste au sein de l’entreprise ne se justifie pas seulement par le caractère familial de celle-ci. «J’aurais pu commencer à travailler directement avec mon père, mais j’ai préféré faire des études de marketing. Ensuite, je comptais faire mes armes ailleurs. Mais une place s’est libérée et je me suis retrouvé ici, parce que le type d’entreprise me plaisait. Il y a une diversité énorme qui m’a séduite », explique-t-il. 
Quant à ses enfants, rien ne les destine pour l’instant à reprendre le flambeau. «Ma fille de 12 ans semble se diriger vers le médical. Quant à mon fils, il veut devenir directeur de zoo. Mais il n’a que 8 ans », sourit-il.
 
SABRINA BERHIN

Publié :

Retour à la liste