ENTREPRENEURIAT Les femmes séduites par les startups

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En 10 ans, leur nombre a augmenté de 34 % mais reste toujours faible au niveau européen 
 
Le taux de créations entrepreneuriales et de lancements de startups par des femmes en Belgique est le plus faible de l’Union européenne. Malgré cela, le nombre d’indépendantes a progressé de 34 % en 10 ans. 
 
Women in Business, la plateforme de soutien à l’entrepreneuriat féminin en Région bruxelloise, a récemment présenté son baromètre «L’entrepreneuriat au féminin dans la Région de Bruxelles-Capitale». Cet état des lieux dresse la situation des femmes entrepreneures sur le marché du travail bruxellois. Pour son édition 2015, le baromètre présente les résultats d’un sondage sur les entrepreneur- e-s et l’argent. 
 
Premier constat, le taux de créations entrepreneuriales et de lancements de startups par des femmes en Belgique est le plus faible de l’Union européenne : 3,1 contre 5,3 au Luxembourg, par exemple, et même 8,4 au Portugal (Source : Global Entrepreneurship Monitor). Les femmes restent largement demandeuses de soutien et d’accompagnement adaptés à leur manière de travailler. 
 
MOINS DE RISQUES 
 
Avec ses partenaires (Bruxelles Pionnières, Féminin PME, JUMP, le réseau Diane, Affaires de Femmes – Femmes d’Affaires, Les Femmes Actives en Réseau, les Mompreneurs, Solidarité Savoir et Womanity) et le service 1819 d’impulse- .brussels, Women in Business a cherché à connaître le rapport des entrepreneurs à l’argent, qu’ils soient homme ou femme. 
 
Un sondage a été réalisé en ligne entre juin et juillet 2015. 173 entrepreneurs y ont répondu parmi lesquels 69 % de femmes et 50,4% qui ont créé leur entreprise il y a moins de 3 ans. 
 
L’enquête en ligne de Women in Business pointe des attitudes différentes entre homme et femme dans la gestion quotidienne de leur entreprise. Sur les sources de financement, d’abord. Les femmes recourent moins aux business angels (1 %) et aux subsides (11,1 %) que les hommes (6 % et 15,9 %). Les femmes (54,8%) mettent moins les banques en concurrence que les hommes (73,9%). Dans la seule banque qu’elles consultent, dans 62 % des cas, leur interlocuteur est un homme. Par ailleurs, les femmes entrepreneures négocient moins que les hommes. 22,5% des femmes négocient systématiquement les conditions ou les prix, contre 48,8% des hommes. Les femmes (37,7%) sont aussi moins enclines à la prise de risque que les hommes (46,7%). 
 
Un tiers des femmes entrepreneures estiment également que le fait d’être une femme constitue une difficulté supplémentaire dans le monde des affaires. 
 
«Ces différents points se tiennent», explique Inès de Biolley, coordinatrice de la plateforme Women in Business. «Les femmes n’aiment pas prendre de risque. Autant d’éléments qui montrent combien il est important que les banquiers soient conscients de ces différences afin de conseiller au mieux leurs clientes. Les femmes ne conçoivent pas leur business plan comme les hommes.» Leurs secteurs de prédilection ? «Les professions liées aux services et aux soins. On les trouve moins dans l’informatique ou l’engineering.» 
 
ON ENTREPREND MOINS À MOLENBEEK 
 
Notons aussi que la Région de Bruxelles-Capitale constitue la plus grande réserve de maind’oeuvre du pays : seule une femme sur deux travaille à Bruxelles. 
 
Bien que le nombre d’indépendantes ait progressé de 34 % en 10 ans, les femmes sont moins bien représentées dans la population des indépendants (28%) en Région bruxelloise qu’en Flandre et Wallonie (33%). Il y avait, en Région bruxelloise, environ 26.500 femmes indépendantes, en 2014 (Source : INASTI). 
 
Les communes avec la plus forte concentration d’indépendantes sont Uccle, Watermael-Boitsfort et Ixelles. Celles où il y en a le moins sont Molenbeek-Saint-Jean, Anderlecht et Evere. 
 
Enfin, 60 % des femmes démarrant une activité d’indépendante ont moins de 35 ans. 
 
Une marque de lingerie pour femmes rondes 
 
C’est en avril 2014 que Bouchra Bahrou, de Bruxelles, a créé son entreprise. Tout est parti d’une expérience personnelle. «J’avais reçu un chèque-cadeau pour acheter de la lingerie et je n’avais rien trouvé à acheter. C’est à ce moment-là que je me suis dit : « Maintenant, tu sais ce que tu vas faire de ta vie » », explique celle qui était alors salariée dans une banque. 
 
«J’étais formée pour ça mais je détestais… » Bouchra a un graduat en marketing, un bac +3 en gestion d’entreprises et un master en management international. Elle avait également démarré un graduat en stylisme qu’elle a abandonné parce qu’elle aimait travailler des grandes tailles mais, pour l’école, ce n’était pas compatible avec les défilés. 
 
La jeune femme a donc créé son entreprise Obba qui propose de la lingerie pour femmes rondes, via la boutique en ligne et par l’intermédiaire de ventes à domicile. «J’ai rencontré beaucoup de difficultés, non pas parce que je suis une femme mais bien parce que l’entrepreneuriat est compliqué. J’ai été bien entourée, notamment par Bruxelles Pionnières», ajoute Bouchra qui a également diversifié son activité en lançant de la prise en charge pour augmenter la confiance en soi «pour répondre à une demande des clientes ». 
 
L.B.  

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