Coup d’œil sur l’application belge "Jack"

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Crée par Jack 45, une jeune start-up du Brabant Wallon (Lasne), cette application met en œuvre un type de messagerie totalement inédit : en effet, si votre message part instantanément de manière tout à fait conventionnelle ; vous pourrez par contre choisir dans quel délai votre destinataire pourra l’ouvrir…que ce soit dans deux heures… ou dans 10 ans !!!!

Le concept de cette jeune application, dénommée en référence à son fondateur Jack Abrams part d’une idée simple: redonner aux gens le plaisir d’attendre! Prenant totalement le contre-pied des modes de communication actuels basés sur l’instantanéité de l’information, Jack instaure un délai destiné à générer de l’impatience et donc de… l’envie.

Le CEO de la start-up, Michel Tombroff, ancien directeur de Softkinetic, nous explique pourquoi les fondamentaux du concept l’ont immédiatement convaincu: «Tout d’abord j’ai été séduit par la force du concept, à la fois simple et élégant. Je suis également convaincu qu’il possède un très haut potentiel en tant que forme de communication à part entière.» L’heureux CEO nous détaille également l’originalité du concept, volontairement à contre-courant de la temporalité actuelle des autres applications de messagerie: «Jack scinde le plaisir du message en trois temps distincts, on est heureux trois fois au lieu d’une: à la réception de la notification, pendant le délai d’attente qui crée une impatience, un désir, et enfin à l’ouverture du message proprement dit.»

L’idée semble détenir un certain potentiel puisqu’elle a déjà conquis 15 000 utilisateurs uniquement par le bouche-à-oreille (sans plan de communication) et qu’elle a été nominée parmi les 24 finalistes (sur 560 sociétés candidates) aux Awards du 4YFN («4 Years From Now»), la partie dédiée aux start-up’s du MWC (Mobile World Congress) de Barcelone. Du 22 au 25 février dernier les palais de la Fira de Barcelona sont en effet devenus le centre névralgique mondial de toutes les innovations technologiques IT ayant trait à la téléphonie mobile, à la communication et aux nouveaux outils internet.

L’application est gratuite et est destinée à le rester. Plusieurs pistes de réflexion quant à la monétisation future sont à l’étude, mais elles devraient concerner des fonctionnalités payantes optionnelles dans l’application (in-app purchase) comme des émojis, ou via la publicité, mais limitée insiste Michel Tombroff: «Je crois énormément au potentiel business de l’application, mais nous devons d’abord créer une communauté d’utilisateurs, d’intérêt. Celle-ci doit apprivoiser le concept et se créer des moments Jack, à l’image d’autres applications de messagerie ou de réseaux sociaux bien connus. La monétisation viendra ultérieurement, et si elle passe par de la publicité, ce sera avec prudence, sans que celle-ci ne soit trop intrusive. On peut également imaginer que des sociétés utilisent Jack en interne, pour des invitations, des réunions ou des événements par exemple.»

Composée actuellement d’une dizaine de personnes, la talentueuse équipe 100% belge de Jack a vocation à s’agrandir en cas de succès futur de l’application. Les profils recherchés seront principalement des développeurs IOS et ANDROID, mais pas seulement. La monétisation future engendrera des besoins spécifiques de profils marketing digital et commerciaux.

Souhaitons bonne chance à cette jeune application wallonne qui pourrait, dans le futur, devenir un social media à part entière. C’est tout le mal qu’on lui souhaite.

​Youri Demianoff

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