Sensibiliser les jeunes à ces métiers passionnants

S’attaquer au manque d’attractivité chronique des formations techniques


S’il y a pénurie de profils techniques à disposition des entreprises qui en recherchent pourtant en permanence, c’est avant tout à cause du relatif désamour que les jeunes leur portent. Mais ceux-ci cernent-ils bien la ou les réalités qui les entourent ? Car s’il reste une partie de ces métiers qui sont toujours éprouvants physiquement, ils sont majoritairement en pleine évolution, et mêleront à l’avenir des savoirs variés et des compétences de plus en plus complexes. Décryptage. 


« La gradation enseignement général, puis technique, professionnel, et enfin CEFA est toujours fortement ancrée, alors qu’elle ne devrait pas exister. La formation technique ne devrait pas être défavorisée ou perçue péjorativement, mais au contraire constituer une filière d’excellence, comme c’est le cas en Allemagne ou en Suisse.» introduit M. Mélon. 

Dans tous les domaines
Les jeunes ont naturellement tendance à délaisser les filières techniques. Ce phénomène ne peut s’expliquer uniquement par des facteurs culturels et par l’évolution d’une société qui valorise particulièrement le secteur tertiaire (Services), au détriment des secteurs primaires (Agriculture) et secondaires (Industrie). Les métiers techniques sont pourtant présents et utiles dans tous les domaines de la société, et ne représentent plus systématiquement des métiers «où on met les mains dans le cambouis». L’expression des «techniciens en tablier blanc» illustre et symbolise l’évolution d’une large partie de ces métiers, qui mettent en œuvre des compétences techniques, une bonne compréhension de la technologie, et une familiarité avec l’informatique. « La transition numérique et l’attrait des jeunes pour la technologie doivent être des vecteurs de valorisation des métiers techniques.» explique M. Bossart.


Valoriser la passion
«Même s’il n’y a pas que des métiers faisant intervenir la technologie - le métier de tireur de câble existant par exemple toujours - ce sont des métiers où il faut être passionné, et où on ne fait pas deux jours de suite la même chose. Cette passion, cet amour de son métier, sont fondamentaux dans l’épanouissement personnel d’un individu. Beaucoup d’enfants ou d’adolescents peuvent développer une passion pour ces métiers, à condition qu’ils ne soient pas dévalorisés ou associés à l’échec.» ajoute Sophie De Coninck, Recruitment & Mobility Manager chez Engie Servives Belux. «Nous usines-écoles, qui sont des outils à destination de tous les publics, devraient être encore plus orientées vers l’industrie du futur, qui fera la part belle au numérique et à l'automatisation - robotisation.» préconise à son tour M. Eymael, responsable veille chez Technocampus. 

Mme Mulpas, Responsable RH chez Conceptexpo Group, conclut ce volet consacré à la sensibilisation: «Des ateliers techniques pourraient être mis en place dans les écoles secondaires, pour éveiller la curiosité et expliquer concrètement aux enfants le contenu et la pratique de ces métiers.» 

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